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Soro-cité·e·s : avez-vous ressenti une pression pour reprendre une vie sexuelle post-accouchement ?

Lit au draps blancs défaits

Dans notre newsletter numéro 23, nous vous avons donné la parole sur la pression que vous auriez ou pas ressenti à la reprise d’une vie sexuelle post-partum. Voici vos réponses. La discussion se poursuit dans les commentaires.

Cornélie, 40 ans

J’ai ressenti une pression après la naissance de ma fille, il y a dix ans. Pendant les cours de préparation à l’accouchement, la sage-femme nous a dit très exactement ceci : « Après l’accouchement on n’a pas forcément envie de câlins, on est fatiguée et puis on peut avoir mal, tout ça. Mais au bout de quelques semaines, si on voit que l’envie ne revient pas, il faut se forcer un petit peu… Parce que bon, il y a le bonhomme, il n’a rien fait de mal, il a aussi droit aux câlins ! « 

Pendant le cours, personne n’a réagi. J’ai le sentiment qu’en 2010, les questions liées au féminisme n’occupaient pas le débat public comme aujourd’hui et que l’idée que « la femme doit parfois se forcer un peu pour faire plaisir à son mari » était beaucoup plus acceptée que maintenant. Mais il faut tout de même croire qu’une petite part de moi-même sentait bien qu’il y avait un problème avec ces propos pour que je m’en souvienne dix ans plus tard !

Anne, 53 ans

J’ai eu ma fille il y a 22 ans. Après l’accouchement, pendant lequel j’ai subi une césarienne, je n’avais aucune envie de refaire l’amour avec mon compagnon. Enfin, pas aussi vite que lui le désirait… J’étais fatiguée, j’allaitais mon bébé, mal dans ma peau et surtout seule très souvent avec ce bébé dont je ne savais quoi faire et comment m’en occuper.

Alors que je me rendais avec ma fille chez mon médecin traitant (une femme), elle m’a demandé comment j’allais. Elle avait vu que j’étais fatiguée et  que le moral était au plus bas. Elle m’a demandé si j’avais repris une vie sexuelle. Face à ma réponse négative, elle me dit qu’il serait temps de recommencer une vie « normale« 

De son côté, le père de ma fille insistait aussi pour que nous reprenions une vie sexuelle. Au bout d’un moment j’ai cédé. Je n’aurais pas dû, à la suite de cet évènement, j’ai eu un rejet assez violent pour toute relation sexuelle. Cette pression ne devrait pas être imposée, ni par le compagnon, ni par l’entourage et encore moins par les médecins. 

Marion, 32 ans

Zéro pression de mon côté. Un accouchement avec une bonne équipe et sans « dégâts ». Pas d’épisiotomie, ni déchirure. Je ne sais pas comment c’est possible, j’étais sûre que j’allais y passer. En tout cas, cela a grandement facilité la reprise d’une vie sexuelle. Mais seulement quand je me suis sentie prête. C’est quand même un sacré traumatisme corporel que d’accoucher, même quand tout se passe bien ! Alors je n’imagine pas quand les dégâts sont plus importants que d’autres. Franchement, il faut en avoir envie !

Ève, 25 ans

Avant même l’accouchement la pression est bien là, je n’ai plus aucune libido. Mais monsieur, si.  À force de le voir se taper des pornos deux fois par jour, je me dis que c’est ma faute, que je n’ai qu’à faire plus « d’efforts« .

Pendant des mois, malgré la fatigue, l’épuisement, c’est un harcèlement de tous les jours. Des allusions tous les jours, des reproches à moitié cachés, des plaintes sans arrêt. La réalité, c’est que tout le long de ma grossesse et de mon allaitement je n’ai pas eu la sensation que mon corps m’appartenait. Prendre du plaisir était la dernière de mes préoccupations.  ll m’a tellement harcelée que j’ai mis longtemps à avoir de nouveau des envies. Il a fini par « comprendre », quand j’ai menacé de le quitter.

Hanna, 38 ans

Après mon accouchement, aucun médecin ou sage-femme n’a mentionné auprès de moi la question des rapports sexuels. Mais dans les films et les séries, tout le monde baise tout le temps et les meufs sont super bien gaulées, même après trois enfants. Même si je n’ai pas cédé à ces sirènes, elles sont constamment avec moi et me culpabilisent sans interruption. Il y a la peur d’avoir mal bien sûr, le fait de ne plus aimer son corps, mais aussi la fatigue. On ne la suspecte pas d’être si intense et le corps médical la passe totalement sous silence.

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