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Trois questions à Pauline Harmange

Dans notre newsletter du samedi 24 octobre, notre journaliste Elsa Pereira s’interrogeait sur le concept de misandrie. L’occasion de poser trois questions à Pauline Harmange, autrice d’un livre sur le sujet.

Comment est née cette envie d’écrire sur la misandrie ? 

Pauline Harmange : L’été dernier, j’ai écrit sur mon blog un article sur le burn out militant et dedans il y avait une partie dans laquelle j’expliquais que j’en avais marre de voir les femmes lire des livres, écouter des podcasts, assister à des rencontres pour déconstruire le patriarcat, et de ne voir jamais aucun homme faire la même chose. Je comprends que les hommes aient l’impression que ça ne les concerne pas, il y a vraiment cette idée que si un homme n’est pas un agresseur, le sexisme ça ne le concerne pas. J’étais lasse de me battre avec des mecs qui ne veulent pas lâcher leurs privilèges. Des hommes qui se disent pro-féministes et qui en réalité ne s’intéressent qu’aux questions politiques dans le sens noble du terme et ne vont pas déconstruire leur relation avec leur femme ou reprendre leur pote quand il fait une blague sexiste. 

 Les critiques ont résumé Moi les hommes, je les déteste à l’apologie de la misandrie, mais l’ouvrage dépasse cette vision. De quoi parlent ces 80 pages ? 

J’ai eu envie de parler de pourquoi c’est légitime de ne pas aimer les hommes et vers quoi ça nous emmène. Il y a cette idée que quand on arrête de ne plus aimer les hommes, il n’y a plus rien dans la vie d’une femme. J’ai eu, aussi, envie d’aborder la question de manière très factuelle, avec des chiffres sur les violences faites aux femmes par les hommes, par exemple. Il est aussi question de la difficulté dans un couple hétérosexuel de faire entendre sa colère quand on est une femme. Les hommes n’ont pas appris et n’apprennent pas à entendre les émotions de leur partenaire. Enfin, dans la seconde partie, je me concentre sur une vision sororale. Quand on a viré les hommes de sa vie, on peut se concentrer sur des choses beaucoup plus intéressantes !

 Pourquoi la misandrie est-elle salutaire ? 

C’est un point de départ pour déconstruire l’importance que l’on donne au regard des hommes. Pour moi, c’est salutaire parce que ça permet de s’extraire du male gaze, de construire un regard indépendant sur soi-même, et de se nourrir de choses positives qui viennent le plus souvent des femmes.

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