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Journées européennes du Matrimoine : le regard des femmes d’ici et d’ailleurs

En cette 6e édition des journées européennes du Matrimoine, il est intéressant d’élargir notre horizon en découvrant des œuvres réalisées par des femmes vivant qui plus est de l’autre côté de la Méditerranée.

C’était notamment le propos de la Biennale d’art contemporain de Rabat en 2019, organisée par le FRAC Centre-Val de -Loire, sous la houlette de son directeur Abdelkader Damani. Une exposition imaginée à partir de commandes « décalées » faites à de jeunes artistes maghrébines.

Écrire une lettre quotidienne sur sa vie de tous les jours par exemple, ce qui a permis à la jeune féministe algérienne Sonia Gassemi de dénoncer les brimades sexistes dont elle est constamment victime : « Entre le point A où j’étais et le point B où je voulais me rendre aujourd’hui, il y a exactement 850 mètres. 850 mètres, ce n’est pas beaucoup. (…) Durant ces 850 mètres, 7 personnes m’ont charriée car j’avais les cheveux bouclés, 5 autres m’ont fait des commentaires salaces. 2 ont souhaité que le vent se lève et avec, ma robe. 4 m’ont « traitée » de féministe et une personne m’a demandée en mariage. Oui, j’ai compté. Je les ai également tous envoyés voir ailleurs si j’y étais. »

C’est aussi un autoportrait demandé à la photographe marocaine Deborah Benzaquem alors que ses clichés noirs et blanc parle uniquement du quotidien des rues à la façon d’un Robert Doisneau ou d’un Elliott Erwitt. Elle accepte toutefois le pari en créant une installation faite d’objets de son quotidien. Des objets que l’on retrouve dans une grande vidéo où elle se met en scène de façon très poétique avec notamment de très belles images d’une chorégraphie exécutée sous l’eau. Mais en revêtant la robe de mariée de sa mère, elle aborde aussi la question de la maternité, passage obligée de la femme marocaine.

Ou encore la relecture féministe des grands mythes comme L’Odyssée avec l’œuvre de la photographe tunisienne Mouna Jemal Siala “Ulysse de la Hafsia”.  À travers un grand tableau entièrement tissé à la main, elle a reconstitué une mosaïque romaine d’Ulysse et les sirènes. C’est non seulement un clin d’œil à Pénélope mais elle nous invite à examiner de près les personnages féminins de ce récit qui n’ont jamais le beau rôle, entre Circé, belle et puissante mais qu’Ulysse finit par abandonner, les somptueuses créatures maléfiques que sont les sirènes, ou encore Pénélope, incitée par les hommes à se remarier parce qu’ »une femme ne saurait rester seule ! »

Des femmes artistes qui nous incitent à lire le monde et à dépasser nos clichés et nos préjugés. C’est pourquoi elles sont à découvrir de toute urgence, en réel ou sur nos écrans.

Par Sophie Deschamps

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